Vivre à la Villeneuve : Lettre de François Pitiot, habitant de la villeneuve, à la ministre de l'l’Egalité des territoires et du logement

François Pitiot                                                      Grenoble le 14 Octobre 2012 


                              Madame la Ministre de l’Egalité des territoires et du logement
                              La Grande Arche
                              92055 La Défense Cédex

Votre cabinet a rendu public le discours que vous avez du prononcer à Roubaix à l’occasion du lancement de la concertation « Quartiers : engageons le changement ! ». Même si seul le prononcé fait foi, comme je n’étais pas présent je considère la version publiée comme crédible.
Je me permets de me présenter, je ne suis qu’un électeur contribuable habitant Grenoble et plus particulièrement la Villeneuve, quartier soumis à un projet de rénovation urbaine voulu par la Municipalité conduite par M. Michel Destot à qui j’ai été contraint d’apporter mon suffrage lors des dernières législatives si je ne voulais pas m’isoler dans le nul ou l’abstention…
Cette rénovation urbaine, confiée à un professionnel parisien qui ne fait pas l’unanimité en tant que commissaire du pavillon français à la biennale architecturale de Venise, est conduite en complète surdité de l’expression des habitants, sous des dehors de démocratie participative qui n’a jamais été aussi caricaturée que lors de ce projet.
Un groupe d’habitants vous a déjà alertée sur les contradictions entre les conditions de prise en compte par l’ANRU et la réalité sociale et architecturale de ce quartier. Vous n’avez pas souhaité vous bruler les ailes en vous intéressant à ce projet conduit par un Député-Maire du PS à qui vous devez votre poste.
La vie est pavée de contradictions qu’il faut savoir parfois assumer mais nous pouvons comprendre votre prudence à la mesure des enjeux que cela susciterait…Cette situation amoindrit grandement la teneur des propos que vous avez du prononcer à Roubaix et je me permets de le regretter. Je peux ainsi mesurer la distance qui s’instaure entre l’expression orale et la réalité concrète de l’action.
Cependant je continue d’alerter les personnes « en responsabilité » sur l’erreur fondamentale de cette rénovation qui ne sert qu’à mettre en avant une volonté politique locale aux fondements erronés, justifiée par un désir de faire parler de soi dans les médias.
En espérant que les quartiers se mettent à renverser les tables comme vous le suggérez, je ne peux que souhaiter qu’un collectif qui s’étend sur toute la ville de Grenoble concrétise son projet de prendre en responsabilité la gestion de la municipalité, mettant ainsi fin à une gestion de cumulards qui ont au moins acquis lors de ces années, le handicap de la déficience auditive !
Je vous prie de recevoir, mes respects républicains et mes encouragements pour la conduite de vos projets.

                                                                       Pitiot

Une explication du "bon" déroulement du projet de restructuration de la villeneuve

Voici un lien vers un billet de Gilles Kuntz concernant le "bon" déroulement du porjet de restructuration de la Villeneuve. Cliquez sur l'image pour accéder au billet complet.

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Vivre à la Villeneuve : LETTRE OUVERTE à la Ministre du Logement et de l'Egalité des Territoires

LETTRE OUVERTE à la Ministre du Logement et de l'Egalité des Territoires

Grenoble Villeneuve
2 Juin 2012


Madame la Ministre du Logement et de l'Egalité des Territoires,

Vous avez proclamé le 17 mai 2012 à l'occasion de votre prise de fonction de Ministre du Logement et de l'égalité des Territoires à l'Hôtel de Castres « ce qui se fait pour les habitants, sans les habitants se fait le plus souvent contre eux », paraphrasant une citation célèbre de Nelson Mandela.

Nous, habitants de la Villeneuve de Grenoble et associations, rassemblés au sein du collectif « Vivre à la Villeneuve » sommes mobilisés depuis 18 mois pour construire un projet urbain partagé avec tous les habitants. L'actuel projet de rénovation urbaine est dans une impasse. Suites aux premières études, le cabinet Interland n’a pas retenu la démolition d’une partie de la Galerie de l'Arlequin, position également défendue par la grande majorité des associations et des habitants de la Villeneuve. Pourtant, le projet actuel fait table rase de ces positions, sans doute sous la pression des injonctions insistantes à la démolition du gouvernement précédent.

Vous n'êtes pas sans savoir que la Villeneuve de Grenoble s'est retrouvée au coeur de l'actualité nationale au cours de l'été 2010, avec un dispositif policier d'exception et l'infâme discours de Grenoble. Ces évenements ont eu des conséquences directes sur l'impasse actuelle et les difficultés de définir un projet urbain partagé. Pourtant, les mobilisations de nombreux habitants du quartier, au sein de l'inter associations et de nombreuses autres initiatives, ont révélé cet « exceptionnel gisement de citoyenneté » sur lequel vous souhaitez vous appuyer pour mener à bien une autre politique dans les quartiers. Aujourd'hui, à l'occasion de la fête du quartier du 2 Juin 2012 et des 40 ans de la Villeneuve, nous souhaitons redéfinir ensemble un nouveau projet urbain pour notre quartier, dans une ambiance apaisée. Vous savez combien la Villeneuve est liée à l'histoire des expérimentations sociales et urbaines, avec de nombreuses expériences qui préfigurent la politique de la Ville. Désormais, nous avons la responsabilité de projeter la Villeneuve dans le futur, dans les 40 ans à venir. A l'opposition nous répondons par l'adhésion à un projet partagé, à la confrontation nous répondons par la coopération, à la résignation nous répondons par l'espoir.

Nous souhaitons une renégociation immédiate du projet de rénovation urbaine. Dans les prochains mois, nous programmerons des ateliers populaires d'urbanisme, avec des habitants et des professionnels qualifiés (architecte, urbaniste, sociologue, artiste...). Ce nouveau projet peut être une préfiguration des futures agences locales de rénovation urbaine, basées sur de nouvelles méthodes de mobilisation des habitants. Nous souhaitons axer le projet sur la démocratie, et une réelle sollicitation de l’expertise des habitants. Rénovation thermique des logements, création d'activité d'économie sociale et solidaire, l'exceptionnel parc de la Villeneuve comme atout écologique, création d'un nouvel équipement enfance-jeunesse, maintien du marché au coeur du quartier... sont des points sur lesquels il faut travailler ensemble. 

Madame la ministre, les attentes sont immenses et nous espérons des réalisations concrètes pour honorer cette citation de Nelson Mandela «ce qui se fait pour nous, sans nous, se fait contre nous ».

Le collectif Vivre à la Villeneuve membre de l’inter associations Villeneuve Debout

Opérations ANRU non concertées : Faudra-t-il toujours subir les volontés des technocrates ?

Faudra-t-il toujours subir les volontés des technocrates ?

Avril 2012

          Le collectif qui dénonce les opérations ANRU non concertées (malgré ce que disent nos élus) tient, cette fois, à alerter sur la situation invraisemblable que ce projet fait et fera vivre aux habitants du 50 et de proximité. Certes, certains habitants ont effectivement bénéficié ainsi d’une opportunité de quitter notre quartier dont les conditions de vie sont pour le moins difficiles voire insupportables. Mais la pression pour chasser ceux qui préféraient conserver leurs lieux de vie est aussi insupportable. Se trouver brutalement acculé à déménager est une épreuve redoutable en particulier pour nombre de locataires âgés. Nos technocrates sont insensibles aux pertes conséquentes que devront subir ces gens. Devoir quitter leur logement dont l’installation avait été perfectionnée d’année en année au prix d’investissement réfléchi pour ne mériter, au même prix, qu’un logement plus petit hors de son cadre social habituel, représente bien un choix ‘tordu’ que nous trouvons inadmissible. Chaque famille (que l'on peut dire expulsée) a dû se soumettre à des procédures "cavalières" pour aboutir au choix final, procédures qui font monter l'angoisse, avec 3 visites successives de logements, avec l'incertitude de ce que serait leur situation à venir, avec le sentiment qu'il ne fallait pas se faire remarquer pour bénéficier d'une hypothétique bonne situation L’équilibre psychologique de ces familles, qui ont vu leurs voisins se soumettre petit à petit à ces choix contraints, a été scandaleusement mis à mal à cette occasion.

          Au cours de la réunion publique qui s’est tenue, salle 150, le 23 mars 2012 pour les locataires habitant à proximité de la démolition programmée, nous avons pu constater que cette situation va se généraliser notamment pour d’autres habitants du reste du 50, car les travaux de démolition et les transformations envisagées obligeront la plupart d’entre eux à quitter aussi leur logement, parfois même définitivement, ou sinon à accepter de vivre dans le bruit et la poussière. Les technocrates ne s’embarrassent pas de l’angoisse que provoquent ces perspectives. À aucun moment n’ont été portées à notre connaissance les mesures prises pour s’assurer des conséquences de cette démolition sur l’affaiblissement de la stabilité des bâtiments.

          Pour l’instant nous avons déposé un recours administratif qui devrait contraindre ces technocrates à corriger leur avis de démolition en déposant un vrai permis de construire respectant les normes antisismiques

          Sachez aussi qu’il nous a été avoué une augmentation prévisible des loyers de 12% pour amortir les frais engagés par le bailleur ACTIS au-delà du subventionnement public de l’ANRU ! ! Logement social disent-ils ! !

           Mais il ne s’agit pas, comme le prétendent certains, de nous opposer par principe à toute transformation. Il est évident que laisser notre quartier en l’état serait aussi d’une scandaleuse inhumanité. Nous avons vainement attiré l’attention de nos élus (de gauche) sur l’indispensable écoute du citoyen qui devrait prévaloir dans une démocratie moderne. Les avis hostiles de l’Union de Quartier comme du Conseil Consultatif de Secteur et la mobilisation de la population auraient dû alerter nos représentants. Et pourtant ils s’arrogent le droit de prendre cette décision de démolition (un pari, disent-ils) pour ‘ouvrir sur l’extérieur’ sans avoir tenté de recueillir les propositions des habitants pour l’amélioration de leur logement ou pour contrer l’atmosphère délétère qui prévaut encore trop souvent dans notre quartier. Nous attendions et nous exigeons que l’expertise des habitants soit non pas des mots utilisés dans des discours prônant la démocratie participative, mais la base même de tout projet demandant concertation. Oui, les habitants ont des idées qui méritent d’être recueillies tout autant que celles mises en valeur par des bureaux d’étude. D’ailleurs ces professionnels prônent parfois les mêmes intentions que nous ; tel le Cabinet INTERLAND qui, ne prenant pas en compte l’option démolition, fut désavoué par nos élus ou tel l’architecte Patrick Bouchain qui déclare qu’au lieu de raser des immeubles, il vaudrait mieux les transformer en s’appuyant sur ce que proposent leurs habitants. La réhabilitation, selon lui, est même beaucoup plus rentable que la démolition.

          Oui ! il est encore temps d’aller recueillir ce que la population de Villeneuve a en tête et d’en faire une étude approfondie en activant la jeunesse de notre quartier au sein des structures éducatives. Les dépenses seraient alors plus judicieuses : par exemple pour juguler les infiltrations en provenance des toits, isoler convenablement les sols des appartements en raz de galerie,  isoler les murs extérieurs et les fenêtres, sécuriser les issues de secours des immeubles SDH, multiplier les ascenseurs, rendre des appartements fonctionnels pour des personnes âgées ou handicapées, concevoir des garages pour les vélos actuellement stockés sur les balcons. …

André Béranger, Bertrand Robinet, Eduardo Broccardo, Gérard Burlat et Martine Jullian

Interview de JF Parent urbaniste à l'origine de la Villeneuve

 

JF. Parent, l'urbaniste à l'origine de la Villeneuve, prend position contre la démolition du 50 Galerie de l'Arlequin. Voir l'article ci-dessous (cliquez dessus pour y accédder) du Dauphiné Libéré du 19 janvier 2012

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